Lettre ouverte à mon maire

Publié le 20 mars 2026 à 10:01

Monsieur Bazzucchi,

 

Merci pour cette profession de foi.

Il fallait oser.

II fallait oser se présenter en rempart fiscal après avoir laissé les Pennois découvrir,  sur leur feuille d’impôts, ce que coûte une gestion municipale quand elle navigue à vue.

 

Aujourd’hui, vous vous présentez en protecteur du pouvoir d’achat. La métamorphose est intéressante. Un peu tardive, certes, mais intéressante. Car lorsqu’un budget est jugé insincère et déséquilibré, lorsque l’Etat doit reprendre la main, lorsque les habitants paient les conséquences d'une gestion défaillante, il devient délicat de se draper ensuite dans les habits de la rigueur.

 

C'est un peu comme si l'incendiaire venait donner des conseils de prévention.

 

LE PROBLEME N’EST PAS LE PADEL, le problème, c'est la méthode.

Dans votre profession de foi, tout semble réglé, sécurisé, presque déjà encaissé. Une offre de prêt aurait été obtenue, des avis seraient favorables, une étude acoustique serait rassurante, et l'on voudrait ainsi faire croire aux Pennois que ce projet serait suffisamment “concret” pour servir de socle à une promesse fiscale. Mais entre un projet annoncé, un montage présenté comme financé et une recette effectivement encaissée par la commune, il y a un monde.

Et, en finances publiques, ce monde a un nom : la sincérité budgétaire.

 

UNE PROMESSE CONDITIONNELLE N’EST PAS UNE RECETTE

Après un budget retoqué pour insincérité, après une intervention préfectorale, après une hausse d’impôts subie par les habitants, il fallait une certaine audace pour revenir expliquer aux Pennois qu'il suffit, cette fois encore, d’y croire très fort.

Ce que vous présentez comme une garantie ressemble surtout à une promesse conditionnelle emballée en certitude électorale. Car même dans votre propre démonstration, l'argent ne serait versé qu’après la purge des recours du permis de construire.

 

CONCRETEMENT, MEME SI LE PERMIS EST AFFICHÉ DEMAIN, COMME LE RAPPELLE LE MAIRE DANS SA PROFESSION DE FOI :

"Les fonds seront versées dès la purge des recours du permis de construire.

Ce qui veut dire que la procédure peut prendre plusieurs années, de nombreux exemples existent dans les communes alentours (jusqu'à 10 ans de procédure).

Autrement dit : ce n’est pas une recette acquise, c'est une recette suspendue à une condition.

Et lorsqu'une commune a déjà été rappelée à l'ordre pour insincérité, transformer une hypothèse conditionnelle en argument de campagne relève moins de la gestion sérieuse que de la prestidigitation comptable.

 

L'EXPERIENCE ? OUI. MAIS LAQUELLE ?

Vous opposez volontiers “l'expérience” à vos concurrents.

C'est vrai, l'expérience compte.

Mais tout dépend de laquelle.

S'il s'agit de l’expérience d'un budget abrogé, d’une gestion retoquée et d'une commune placée sous surveillance
sur ses équilibres financiers, alors oui, vous bénéficiez d'une expérience très particulière.

Une expérience dont beaucoup de Pennois se seraient volontiers passée.

 

CROIRE OU VERIFIER ?

Au fond, toute votre profession de foi repose sur la même logique : demander aux habitants de croire, là où ils seraient en droit de vérifier.

 

On ne nous apporte pas une démonstration.

On nous sert une mise en scène.

On ne nous demande pas d’examiner des preuves.

On nous invite à applaudir des promesses.

Le padel n’est plus un projet parmi d’autres.

Il devient une fable budgétaire, censée effacer d'un coup les erreurs passées.

 

C'est habile sur une profession de foi.

C'est beaucoup moins convaincant dans un budget communal.

 

LES PENNOIS MERITENT MIEUX : Une vision à 6 ans plutôt que sur 3 mois.

Les Pennois ne cherchent pas un illusionniste budgétaire.

Ils cherchent une équipe capable de redresser la commune avec sérieux, de protéger les habitants sans mise en scène, de dire la vérité même lorsqu’elle dérange, et de remettre un peu de dignité dans la vie publique locale.

 

Une gestion sérieuse consiste d’abord à sécuriser les recettes, avant toute communication comptable.

Dans cet ordre.

Pas dans l'ordre inverse.

Dans votre profession de foi vous avez affirmé. MAIS OÙ EST LE MILLION DU PADEL ? 

(Sachant que le remboursement couterait 3 millions, mais passons...)

 

Vous demandez aux Pennois de vous faire confiance pour réparer demain ce que votre gestion a contribué à

détériorer hier.

C’est un concept à court terme.

Ce n'est pas un projet sur 6 ans.

 

Alors oui, dimanche, le choix est clair.

Non pas entre l’expérience et l'inexpérience.

Mais entre une pratique usée du pouvoir et une exigence nouvelle :

 

celle de la sincérité, du respect des pennois

celle d'une commune enfin gérée PAR ses habitants, POUR ses habitants.

 

Frédéric SZABO